Freigné : Histoire, Patrimoine et Visite du Village (Vallons-de-l'Erdre)
Village des Vallons-de-l'Erdre en Loire-Atlantique, Freigné concentre église néo-gothique, château médiéval, manoir Renaissance et menhirs millénaires…
Par Les Amis du Patrimoine de Freigné · · 7 min de lecture
Niché sur les hauteurs de la vallée de l'Erdre, Freigné est l'un des villages qui composent la commune nouvelle des Vallons-de-l'Erdre, en Loire-Atlantique. Pour un bourg de sa taille, il concentre un patrimoine d'une richesse surprenante : une église néo-gothique, un château médiéval, un manoir Renaissance, des chapelles, des moulins, des fontaines millénaires et même des menhirs vieux de cinq millénaires. Cette page rassemble l'essentiel à savoir sur Freigné — son histoire, sa géographie, son patrimoine et comment le visiter.
Où se trouve Freigné ?
Freigné est une ancienne commune du Haut-Anjou qui relevait du département de Maine-et-Loire jusqu'en 2017, mais dépendait historiquement du diocèse de Nantes. Depuis le 1er janvier 2018, elle appartient à la Loire-Atlantique, au sein des Vallons-de-l'Erdre (code postal 44540). Son territoire, l'un des plus vastes du secteur, présente un relief étonnamment accidenté — le point culminant atteint 79 mètres au Tertre-Michon. Il est traversé au nord par l'Erdre, qui le parcourt d'est en ouest, tandis que son affluent le Croissel coule au sud, dessinant des vallées profondes et sinueuses. Le village se situe à une vingtaine de kilomètres d'Ancenis et à environ 47 kilomètres d'Angers.
Freigné en quelques chiffres
Freigné comptait 1 131 habitants au recensement de 2015, appelés les Freignéens. La commune s'étend sur 65,26 km², ce qui en fait un territoire rural peu densément peuplé (environ 17 habitants au km²), entre 27 et 85 mètres d'altitude. Le village a connu son apogée démographique au XIXe siècle, avec 2 193 habitants en 1886, avant un long déclin qui l'a mené à son minimum de 985 habitants en 1999. Détail administratif méconnu : Freigné portait le code INSEE 49144 lorsqu'elle appartenait au Maine-et-Loire ; elle a reçu le code 44225 en rejoignant la Loire-Atlantique en 2018.
D'où vient le nom « Freigné » ?
Le nom de Freigné plonge ses racines dans l'Antiquité. Il serait formé d'un anthroponyme gallo-romain (Frennius, ou une forme proche) suivi du suffixe de propriété -acum, qui a évolué en « -é » dans le nord-ouest de la France : le nom désignait donc, à l'origine, « le domaine de Frennius ». Les formes anciennes attestées le confirment — Frugniacus vers 1030, Fruigné en 1383, Frigné au XVIIe siècle. Découvrez l'histoire complète du nom de Freigné.
Neuf siècles d'histoire, des menhirs à la commune nouvelle
La présence humaine à Freigné est très ancienne : les menhirs de Bennefraye, classés Monuments Historiques, témoignent d'une occupation vieille de cinq mille ans. Au Moyen Âge, la paroisse dépend du domaine de l'évêché de Nantes. La seigneurie de Freigné, d'abord tenue par une famille du même nom, passe ensuite aux seigneurs de Bourmont avant d'être réunie à la seigneurie de Candé à la fin du XVe siècle.
C'est de cette terre qu'est issue la famille de Bourmont, dont le membre le plus célèbre, Louis-Auguste-Victor de Bourmont, fut général royaliste puis maréchal de France. Le château de Bourmont reste le témoin de cette puissance seigneuriale. La Révolution frappa durement le village : le curé Antoine-Luc Morin, qui avait refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé, monta sur l'échafaud le Jeudi-Saint de 1794 ; et le secteur, gagné par la chouannerie, vit une compagnie de cent chouans s'y recruter.
Aux XIXe et XXe siècles, Freigné entre dans la modernité. Le village vivait alors de l'agriculture — on y cultivait même la vigne, en partie ravagée par le phylloxéra — et d'une célèbre foire de la Saint-Pierre : en 1807, il s'y vendait encore « quatre cents couples de bœufs, quatre cents vaches et deux cents chevaux ». La ligne de chemin de fer de Segré à Nantes fut ouverte en 1884-1885, et le village devint même la première commune du département à accueillir un parc éolien, en 2007. Enfin, le 1er janvier 2018, Freigné participa à la création de la commune nouvelle des Vallons-de-l'Erdre et changea de département. Lire l'histoire de cette fusion.
- ≈ 3000 av. J.-C. Les menhirs de Bennefraye témoignent d'une présence humaine cinq fois millénaire.
- Vers 1030 Première mention écrite du nom du village, sous la forme latine Frugniacus.
- XIVᵉ siècle Édification du château de Bourmont, aux marches de l'Anjou et de la Bretagne.
- 1794 Le curé Antoine-Luc Morin, ayant refusé le serment, est guillotiné à Angers.
- 1847 La vente des landes communales finance l'église, la mairie et 50 km de chemins.
- 1884-1885 Ouverture de la ligne de chemin de fer reliant Segré à Nantes.
- 1886 Apogée démographique : Freigné compte 2 193 habitants.
- 2007 Freigné devient la première commune du département à accueillir un parc éolien.
- 1ᵉʳ janvier 2018 Naissance de Vallons-de-l'Erdre ; Freigné rejoint la Loire-Atlantique.
Un territoire de foi : les trois prieurés
Freigné n'a pas compté un, mais trois prieurés. Le principal, le prieuré Saint-Pierre-et-Saint-Paul, dépendait de l'abbaye bénédictine de Saint-Gildas-des-Bois ; son curé portait le titre de recteur. Le deuxième, le prieuré de Saint-Germain, élevait sa chapelle en lisière de bois — ses moines avaient disparu avant 1559, emportés par les guerres de Religion. Le troisième, le prieuré de Beaulieu, dépendait lui aussi de Saint-Gildas. De ce riche passé monastique, Freigné a hérité une densité de lieux de culte remarquable pour un si petit bourg.
Le patrimoine bâti de Freigné
C'est le grand atout du village : Freigné offre une concentration de monuments rare pour une commune rurale. Voici les incontournables.
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, reconstruite à partir de 1849, domine le bourg et la vallée. Derrière ses voûtes néo-gothiques se cache une étonnante histoire de résilience — deux fois frappée au XXe siècle (un orage abattit le clocher en 1948, un incendie ravagea le chœur en 1955), elle conserve des vitraux classés Monuments Historiques.
Le château de Bourmont, édifié dès le XIVe siècle aux marches de l'Anjou et de la Bretagne, appartient depuis 1691 à la famille Ghaisne de Bourmont. Inscrit aux Monuments Historiques depuis 1993, il se découvre depuis l'extérieur.
Le manoir de Ghaisne (XVe-XVIe siècles), rue du Presbytère, porte sur sa façade une inscription latine datée de 1565. Ses façades et toitures sont inscrites aux Monuments Historiques depuis 1968.
Les menhirs de Bennefraye, vestiges d'un alignement mégalithique, sont classés Monuments Historiques depuis 1978 : les plus anciens témoins de l'histoire de Freigné.
Le village conserve aussi de belles statues de Saint-Germain et Saint-Marc, classées et récemment restaurées par des lycéens, ainsi que deux chapelles — la chapelle Saint-Germain (1892) et la chapelle du Rosaire, ancienne chapelle des trépassés. Sans oublier l'école Sainte-Anne, élégante bâtisse de schiste offerte en 1894 par le comte de Bourmont.
Le petit patrimoine de l'eau
L'Erdre et ses affluents ont façonné à Freigné un patrimoine discret mais foisonnant. Le moulin Foulon ne moulait pas le grain : il foulait la laine, au service des tisserands du pays, jusqu'à ce que la construction du pont, en 1860, le condamne. Tout près, le pont et le lavoir Triannon, bâtis dans le schiste local, rythmaient la vie des lavandières. Enfin, le plan d'eau de Freigné réserve mille surprises : un ancien lavoir, la fontaine Saint-Martin qui ne tarit jamais (sa source remonterait à 1094), et la mystérieuse « Maison Noire », en réalité une ancienne pêcherie d'anguilles des moines.
Que faire à Freigné ?
Freigné se visite librement, au fil de ses monuments et de ses chemins. Pour préparer votre venue, suivez notre guide : Que faire à Freigné ? Les incontournables du patrimoine. Et pour une pause nature, le plan d'eau de Freigné offre une boucle de promenade ombragée, un ancien lavoir, une fontaine millénaire et de beaux coins de pêche.
Des figures qui ont fait Freigné
L'histoire d'un village, ce sont aussi ses habitants. À Freigné, la mémoire collective a retenu bien des visages : le maréchal de Bourmont, enfant du pays devenu maréchal de France ; le curé Antoine-Luc Morin, martyr de la Révolution, guillotiné en 1794 après avoir laissé de précieuses notes sur les registres de la paroisse ; le maire Alexis Gaudin, bâtisseur de l'église actuelle ; et Jean Hobé, instituteur emblématique, figure marquante de la vie locale dont le parcours éclaire l'histoire sociale de la commune.
Infos pratiques
Freigné se situe à 44540 Vallons-de-l'Erdre, en Loire-Atlantique. La plupart des sites se découvrent librement depuis l'extérieur ; le château de Bourmont et le manoir de Ghaisne sont des propriétés privées. Pour une visite commentée ou lors des Journées européennes du patrimoine, n'hésitez pas à contacter notre association.
Faites vivre le patrimoine de Freigné
Les Amis du Patrimoine de Freigné agissent grâce aux bénévoles, aux dons et à chacun de vous. Rejoignez-nous ou soutenez la restauration de notre héritage commun.
Questions fréquentes
Où se trouve Freigné ?
Freigné est un village des Vallons-de-l'Erdre, en Loire-Atlantique (44540). Ancienne commune du Haut-Anjou, elle a rejoint la Loire-Atlantique le 1er janvier 2018. Elle se situe à une vingtaine de kilomètres d'Ancenis et à environ 47 km d'Angers, dans la vallée de l'Erdre.
Combien d'habitants compte Freigné ?
Freigné comptait 1 131 habitants au recensement de 2015. Ses habitants sont appelés les Freignéens. La commune a connu son maximum de population au XIXe siècle, avec 2 193 habitants en 1886.
Freigné existe-t-elle encore comme commune ?
Depuis le 1er janvier 2018, Freigné est une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Vallons-de-l'Erdre, née de la fusion de six anciennes communes : Saint-Mars-la-Jaille, Bonnœuvre, Freigné, Maumusson, Saint-Sulpice-des-Landes et Vritz. Freigné conserve son bourg et son identité.
Que visiter à Freigné ?
Freigné offre un patrimoine remarquable : l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, le château de Bourmont (XIVe siècle), le manoir de Ghaisne (Renaissance), les menhirs de Bennefraye classés Monuments Historiques, les chapelles Saint-Germain et du Rosaire, l'école Sainte-Anne, le moulin Foulon, le pont et le lavoir Triannon, ainsi que le plan d'eau.
D'où vient le nom de Freigné ?
Le nom de Freigné viendrait d'un anthroponyme gallo-romain (Frennius) suivi du suffixe de propriété -acum, évolué en « -é ». Les formes anciennes attestées incluent Frugniacus (vers 1030) et Frigné au XVIIe siècle.
Sources & pour aller plus loin
- Freigné — article encyclopédique (Wikipédia)
- Freigné — notice historique (Wiki-Anjou)
- Commune de Freigné (44225) — dossier complet (INSEE)
- R. de l'Esperonnière, Histoire de la baronnie de Candé — Freigné (1894)
- Fiches patrimoine des Amis du Patrimoine de Freigné